AES Sonel: Des coupures tous azimuts

aes sonelLe différemment de l’entrée en activité de la centrale à gaz de Kribi, dans le Sud du Cameroun, devrait entraîner, au cours des trois premiers mois de cette année 2013, période de saison sèche, de multiples suspensions de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun.

C’est ce qu’indique le directeur général d’AES Sonel, Jean David Bilé, dans une interview publiée ce lundi, 7 janvier 2013 dans le quotidien privé camerounais Mutations.

 

« Conformément à nos prévisions, la demande en énergie a continué à croître de manière soutenue et la seule solution pour couvrir l’ensemble de cette demande était d’ajouter à notre parc de production les 216 Mw de la centrale à gaz de Kribi (…) L’offre actuelle en énergie, sans l’électricité de Kribi, ne sera pas en mesure de couvrir la demande des familles et de l’industrie. Nous allons examiner avec les pouvoirs publics les solutions de production et de gestion de la demande qui permettraient de réduire l’impact de cette situation sur les consommateurs », confie au journal le DG de l’entreprise chargée de la production, du transport et de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun.

En rappel, le 3 janvier dernier, la Kribi Power Developpement Company (KPDC), filiale du groupe AES chargée de la construction et de l’exploitation de la centrale à gaz de Kribi, a publié un communiqué de presse dans lequel il est annoncé que «KPDC ayant reçu le 27 décembre dernier de la SNH [Société nationale des hydrocarbures], son fournisseur de gaz, une correspondance l’informant qu’elle ne serait pas en mesure de livrer le gaz avant la fin du mois de février 2013, au lieu du 21 décembre 2012 comme initialement prévu, le calendrier de mise en exploitation de la centrale devra être révisé pour prendre en compte cette nouvelle donne, et connaîtra donc un glissement ».

La centrale à gaz de Kribi qui, selon le DG d’AES Sonel, va permettre de répondre à la demande jusqu’en 2015, a coûté 173 milliards de FCFA. Cette infrastructure va permettre d’injecter dans le réseau électrique camerounais 216 MW supplémentaires. Le Cameroun, 2ème potentiel hydroélectrique en Afrique derrière la RDC souffre d’un déficit qui, selon le ministère de l’Economie, fait perdre un demi-point de croissance au pays chaque année.

Depuis l’année dernière, le gouvernement camerounais et ses partenaires ont lancé un programme de construction de barrages (Lom Pangar et Memve’ele) et de centrales (Kribi, Dibamba) pour pallier ce déficit. Et dans son discours à la Nation le 31 décembre dernier, Paul Biya, le président de la République du Cameroun, a annoncé le lancement cette année de la construction du barrage de Mekin, dans le Sud du pays.